Rechercher
Rubriques

>> Toutes les rubriques <<
· Ailleurs (reportages, fonds de tiroirs) (47)
· Balades en Picardie (reportages) (37)
· Copinage (sites et blogs amis) (7)
· Évelyne Hoornaert (hommage posthume) (207)
· Histoire et archéologie (14)
· Interviews (9)
· L'Irlande de Bruno Ravalard (68)
· La tribu Houbart (132)
· Mes photos : Bretagne (29)
· Mes photos : divers (34)
· Mes photos : Giverny (12)
· Mes photos : Jura (37)
· Mes photos : Tunisie (42)
· Mes photos : Venise (17)
· Musée virtuel (9446)
· Poésie (32)
· Vagabondages : mes bords de mer (689)
· Vagabondages : mes îles (494)
· Vagabondages : mes lacs (243)
· Vagabondages : mes montagnes (715)
· Vidéos (les coins que j'aime) (21)
· Woirel (mon village) (21)
· Zoo perso (73)

Derniers commentaires Abonnement au blog
Recevez les actualités de mon blog gratuitement :


Articles les plus lus

· La "Route du Poisson"
· Mes lacs : Guéry
· Musée imaginaire : Léonard Foujita
· Musée imaginaire : Robert Doisneau
· Mes îles : Jersey

· Musée virtuel : Séraphine Louis (Séraphine de Senlis)
· Mes îles : les îles du lac de Constance
· Musée imaginaire : Max Ernst
· Le wagon de l'Armistice : vrai ou faux ?
· Tous les chemins mènent à Samarobriva
· Musée imaginaire : Paul Klee
· En forêt de Crécy sous les vieux chênes
· Musée virtuel : Piranese
· Mes îles : Lindau
· Flânerie au bord de la baie de Somme

Voir plus 

Statistiques

Date de création : 07.04.2010
Dernière mise à jour : 22.05.2013
12499articles


Thèmes

afrique allemagne alpes angleterre baxter belgique bonnard boudin bourgogne glissant bretagne canada

Poésie

Musée virtuel : John Sel Cotman

Publié le 02/04/2013 à 00:33 par philippehoubart Tags : cotman angleterre
Musée virtuel : John Sel Cotman

Église de Gillingham, Norfolk

Aimé Césaire : Cahier d'un retour au pays natal (4)

Publié le 08/04/2011 à 10:44 par philippehoubart Tags : cesaire
Aimé Césaire : Cahier d'un retour au pays natal (4)

Il me suffirait d'une gorgée de ton lait jiculi pour qu'en toi je découvre toujours à même distance de mirage - mille fois plus natale et dorée d'un soleil que n'entame nul prisme - la terre où tout est libre et fraternel, ma terre.

Partir. Mon coeur bruissait de générosités emphatiques. Partir... j'arriverais lisse et jeune dans ce pays mien et  je dirais à ce pays dont le limon entre dans la composition de ma chair : "J'ai longtemps erré et je reviens vers la hideur désertée de vos plaies".

Je viendrais à ce pays mien et je lui dirais : "Embrassez-moi sans crainte... Et si je ne sais que parler, c'est pour vous que je parlerai". Et je lui dirais encore : "Ma bouche sera la bouche des malheurs qui n'ont point de bouche, ma voix, la liberté de celles qui s'affaissent au cachot du désespoir".

Et venant je me dirais à moi-même : "Et surtout mon coeur aussi bien que mon âme, gardez-vous de vous croiser les bras en l'attitude stérile du spectateur, car la vie n'est pas un spectacle, car une mer de douleurs n'est pas un proscenium, car un homme qui crie n'est pas un ours qui danse..."

Aimé Césaire : Cahier d'un retour au pays natal (3)

Publié le 08/04/2011 à 10:32 par philippehoubart Tags : cesaire

Je retrouverais le secret des grandes communications et des grandes combustions. Je dirais orage. Je dirais fleuve. Je dirais tornade. Je dirais feuille. Je dirais arbre. Je serais mouillé de toutes les pluies, humecté de toutes les rosées. Je roulerais comme du sang frénétique sur le courant lent de l'oeil des mots en chevaux fous en enfants frais en caillots en couvre-feu en vestiges de temples en pierres précieuses assez loin pour décourager les mineurs. Qui ne comprendrait pas ne comprendrait pas davantage le mugissement du tigre. Et vous fantômes montez bleus d'une chimie d'une forêt de bêtes traquées de machines tordues d'un jujubier de chairs pourries d'un panier d'huîtres d'yeux d'un lacis de lanières découpées dans le beau sisal d'une peau d'homme j'aurais des mots assez vastes pour vous contenir

 

et toi terre tendue terre saoule

terre grand sexe levé vers le soleil

terre grand délire de la mentule de Dieu

terre sauvage montée des resserres de la mer avec dans la bouche une touffe de cécropies

terre dont je ne puis comparer la face houleuse qu'à la forêt vierge et folle que je souhaiterais pouvoir en guise de visage montrer aux yeux indéchiffreurs des hommes

Aimé Césaire : Cahier d'un retour au pays natal (2)

Publié le 08/04/2011 à 10:24 par philippehoubart Tags : cesaire

Partir.

comme il y a des hommes-hyènes et des hommes-panthères, je serais un homme-juif

un homme-cafre

un homme-hindou de Calcutta

un-homme-de-Harlem-qui-ne-vote-pas

 

l'homme-famine, l'homme-insulte, l'homme-torture

on pouvait à n'importe quel moment le saisir le rouer de coups, le tuer - parfaitement le tuer - sans avoir à rendre de compte à personne sans avoir d'excuses à présenter à personne

un homme-juif

un homme-pogrom

un chiot

un mendigot

 

mais est-ce qu'on tue le Remords, beau comme la face de stupeur d'une dame anglaise qui trouverait dans sa soupière un crâne de Hottentot ?

 

Aimé Césaire : Cahier d'un retour au pays natal (1)

Publié le 08/04/2011 à 09:46 par philippehoubart Tags : cesaire

... Tiède petit matin de chaleur et de peur ancestrales

je tremble maintenant du commun tremblement que notre sang docile chante dans le madrépore

 

Et ces têtards en moi éclos de mon ascendance prodigieuse !

Ceux qui n'ont inventé ni la poudre ni la boussole

ceux qui n'ont jamais su dompter la vapeur ni l'électricité

ceux qui n'ont exploré ni les mers ni le ciel mais il savent en ses moindres recoins le pays de la souffrance

ceux qui n'ont connu de voyages que de déracinements

ceux qui se sont assoupis aux agenouillements

ceux qu'on domestiqua et christianisa

ceux qu'on inocula d'abâtardissement

tam-tams de mains vides

tam-tams inanes de plaies sonores

tam-tams burlesques de trahison tabide

 

Tiède petit matin de chaleurs et de peurs ancestrales

par-dessus bord des richesses pérégrines

par-dessus bord mes faussetés authentiques

Mais quel étrange orgueil tout soudain m'illumine ?

vienne le colibri

vienne l'épervier

vienne le bris de l'horizon

vienne le cynocéphale

vienne le lotus porteur du monde

vienne de dauphins une insurrection perlière

brisant la coquille de la mer

vienne un plongeon d'îles

vienne la disparition des jours de chair morte dans la chaux vive des rapaces

viennent les ovaires de l'eau où le futur agite ses petites têtes

viennent les loups qui pâturent dans les orifices sauvages du corps à l'heure où à l'auberge écliptique se rencontrent ma lune et ton soleil...

 

ô lumière amicale

ô fraîche source de la lumière

ceux qui n'ont inventé ni la poudre ni la boussole

ceux qui n'ont jamais su dompter la vapeur ni l'électricité

ceux qui n'ont exploré ni les mers ni le ciel

mais ceux sans qui la terre ne serait pas la terre

gibbosité d'autant plus bienfaisante que la terre déserte davantage la terre

silo où se préserve et mûrit ce que la terre a de plus terre

ma négritude n'est pas une pierre, sa surdité ruée contre la clameur du jour

ma négritude n'est pas une taie d'eau morte sur l'oeil mort de la terre

ma négritude n'est ni une tour ni une cathédrale

 

elle plonge dans la chair rouge du sol

elle plonge dans la chair ardente du ciel

elle troue l'accablement opaque de sa droite patience.

 

Eia pour le kaïlcédrat royal !

Eia pour ceux qui n'ont jamais rien inventé

pour ceux qui n'ont jamais rien exploré

pour ceux qui n'ont jamais rien dompté

 

mais ils s'abandonnent, saisis, à l'essence de toute chose

ignorants des surfaces mais saisis par le mouvement de toute chose

insoucieux de dompter, mais jouant le jeu du monde

véritablement les fils aînés du monde

poreux à tous les souffles du monde

aire fraternelle de tous les souffles du monde

étincelle de feu sacré du monde

chair de la chair du monde palpitant du mouvement même du monde !

Aimé Césaire : Batouque

Publié le 07/04/2011 à 19:54 par philippehoubart Tags : cesaire

Batouque

quand le monde sera nu et roux

comme une matrice calcinée par les grands soleils de l'amour

batouque

quand le monde sera sans enquête

un coeur merveilleux où s'imprime le décor des regards brisés en éclat

pour la première fois

quand les attirances prendront au piège les étoiles

quand l'amour et la mort seront

un même serpent corail ressoudé autour d'un bras sans joyau

sans défense

sans suie

batouque du fleuve grossi de larmes de crocodile et de fouets à la dérive

batouque de l'arbre aux serpents des danseurs de la paririe

des roses de Pennsylvanie regardent aux yeux au nez aux oreilles

aux fenêtres de la tête sciée

de supplicié

batouque de la femme aux bras de mer aux cheveux de source sous-marine

la rigidité cadavérique tranforme les corps en larmes d'acier

tous les phasmes feuillus font une mer de youcas bleus et de radeaux

tous les fantasmes névrotiques ont pris le mors aux dents

batouque

quand le monde sera d'abstraction séduite, de pousses de sel gemme

les jardins de la mer

pour la première et la dernière fois

un mât de caravelle oubliée flambe amandier de naufrage

un cocotier un baobab une feuille de papier

un rejet de pourvoi

batouque

quand le monde sera une mine à ciel découvert

quand le monde sera du haut de la passerelle

mon désir

ton désir

conjugués en un saut dans le vide respiré

à l'auvent de nos yeux déferlent

toutes les poussières de soleils peuplés de parachutes

d'incendies volontaires d'oriflammes de blé rouge

batouque des yeux pourris

batouque des yeux de mélasse

batouque des yeux court-circuits surpris du lait de vache

batouque des yeux sucrés de fièvre

batouque de la nuit au sexe d'aubergine signalé de mercure

batouque de la nuit à la nuit de cigare

batouque de la mer dolente encroûtée d'îles

le Congo est un saut de soleil levant au bout d'un fil

un seau de villes saignantes

une touffe de citronnelle dans la nuit forcée

batouque

quand le monde sera une tour de silence

où nous serons la proie et le vautour

toutes les pluies de perroquets

toutes les démissions de chinchillas

batouque de tromes cassées de paupière d'huile de pluviers virulents

batouque de la pluie tuée fendue finement d'oreilles rougies

purulence et vigilance

ayant violé jusqu'à la transparence le sexe étroit du crépuscule

le grand nègre du matin

jusqu'au fond de la mer éclatée

attente les fruits de faim les villes nouées...

Aimé Césaire : Prophétie

Publié le 07/04/2011 à 19:12 par philippehoubart Tags : cesaire
Aimé Césaire : Prophétie

où l'aventure garde des yeux clairs

là où les femmes rayonnent de langage

là où la mort est belle dans la main comme un oiseau

saison de lait

là où le souterrain cueille de sa génuflexion un luxe de prunelles plus violent que des chenilles

là où la merveille agile fait flèche et feu de tout bois

 

là où la nuit vigoureuse saigne une vitesse de purs végétaux

 

là où les abeilles des étoiles piquent le ciel d'une ruche plus ardente que la nuit

là où le bruit de mes talons remplit l'espace et lève à rebours

la face du temps

là où l'arc-en-ciel de ma parole est chargé d'unir demain à l'espoir et l'infant à la reine

d'avoir injurié mes maîtres mordu les soldats du sultan

d'avoir gémi dans le désert

d'avoir crié vers mes gardiens

d'avoir supplié les chacals et les hyènes pasteurs des caravanes

 

je regarde

la fumée se précipite en cheval sauvage sur le devant de la scène ourle un instant la lave

de sa fragile queue de paon puis se déchirant

la chemise s'ouvre d'un coup la poitrine et je la regarde en îles britanniques en îlots

en rochers déchiquetés se fondre peu à peu dans la mer lucide de l'air

où baignent prophétiques

ma gueule

ma révolte

mon nom.

 

 

Hommage à Édouard Glissant

Publié le 13/02/2011 à 21:41 par philippehoubart Tags : glissant
Hommage à Édouard Glissant

Le poète et romancier Édouard Glissant est mort le 3 février dernier. J'ai loupé la date, je me rattrape aujourd'hui avec ces onze poèmes.

 

"Je me fais mer où l'enfant va rêver"

 

Pour en savoir plus sur lui :

http://www.lehman.cuny.edu/ile.en.ile/paroles/glissant.html

Édouard Glissant : Vertige des temps froids

Publié le 13/02/2011 à 21:35 par philippehoubart Tags : glissant

Cendres taillis ô vos jours

Sont d'infini abandonné

Vos mensonges tels des atours

Sont pleurs, au miroir animé

 

Maigre miroir et haute tour

Eau de la mort emprisonnée

Dans nul océan hors labours

Fièvre et argile sillonnées

 

Pleurez que mon espace lie

Espace sur vous accompli

Plus qu'océan sur un banni

 

Mes fièvres labours taillis morts

À tels mensonges cendre encore

Et argile plus qu'infini.

 

 

 

Édouard Glissant : Un champ d'îles (extraits)

Publié le 13/02/2011 à 20:37 par philippehoubart Tags : glissant

Savoir ce qui dans vos yeux berce

Une baie de ciel un oiseau

La mer, une caresse dévolue

Le soleil ici revenu

 

Beauté de l'espace ou otage

De l'avenir tentaculaire

Toute parole s'y confond

Avec le silence des Eaux

 

Beauté des temps pour un mirage

Le temps qui demeure est d'attente

Le temps qui vole est un cyclone

Où c'est la route éparpillée

 

L'après-midi s'est voilé

De lianes d'emphase et fureur

Glacée, de volcans amenés

Par la main à côté des sables

 

Un soir à son tour germera

Dans le pays de la douleur

Une main qui fuse le Soir

À son tour doucement tombera

 

Beauté d'attendre Beauté des vagues

L'attente est presque un beaupré

Enlacé d'ailes et de vents

Comme un fouillis sur la berge

 

Chaque mot vient sans qu'on fasse

À peine bouger l'horizon

Le paysage est un tamis soudain

De mots poussés sous la lune

 

Savoir ce qui sur vos cheveux

Hagard étrenne ses attelages

Et le sel vient-il de la mer

Ou de cette voix qui circule

 

Abandonnés les tournoiements

D'aventure sur les tambours

L'assaut de sang dans les plaines

Son écume sur les Hauts

 

Abandonné le puits de souffrance

La souffrance au large du ciel emporte

Dans la foule des fromagers

Sa meute de mots et sa proie

 

Abandonnée tarie la mesure

Démesure des coutelas

Cette musique est au coeur

Comme un hameau de lassitude

 

Beauté plus rare que dans l'île

Ton grand chemin des hébétudes

Va-t-il enfouir son regard

Dans la terre, humide et douce

 

Les hommes sortent de la terre

Avec leurs visages trop forts

Et l'appétit de leurs regards

Sur la voilure des clairières

 

Les femmes marchent devant eux

L'île toute est bientôt femme

Apitoyées sur elle-même mais crispant

Son désespoir dans son coeur nu

 

Et parmi les chants de midi

Ravinés de sueurs triomphales

Sur un cheval vient à passer

La mort demain la Pitié

 

L'île entière est une pitié

Qui sur soi-même se suicide

Dans cet amas d'argiles ruées

Ô la terre avance ses vierges

 

Apitoyée cette île et pitoyable

Elle vit de mots dérivés

Comme un halo de naufragés

À la rencontre des rochers

 

Elle a besoin de mots qui durent

Et font le ciel et l'horizon

Plus brouillés que les yeux de femmes

Plus net que le regard d'homme seul

 

Ce sont les mots de la Mesure

Et le tambour à peine tu

Au tréfonds désormais remue

Son attente d'autres rivages

 

L'après-midi le Soir les masures

Le poing calé dans le bois dur

La main qui fleurit la douleur

La main qui leva l'horizon

 

Sur vos chemins quelle chanson

A pu défendre la clarté

Sur vos yeux que l'amour brûla

Quelle terre s'est posée

 

Outre mer est la chasteté

Des incendiaires dans les livres

Mais le feu dans le réel et le jour

C'est ce courage des vivants

 

Ils font l'oiseau ils font l'écume

Et la maison des laves parfois

Ils font la richesse des douves

Et la récolte du passé

 

Ils obéissent à leurs mains

Fabriquant des échos sans nombre

Et le ciel et sa pureté fuient

Cette pureté de rocailles

 

Ils font les terres qui les font

Les avenirs qui les épargnent

Ô les filaos les grandissent

Sur les crêtes du souvenir

 

Mulets serpents et mangoustes

Font ces hommes violents et doux

Et la lumière les aveugle

La nuit au bord des routes coloniales

 

Toute parole est une terre

Il est de fouiller son sous-sol

Où un espace meuble est gardé

Brûlant, pour ce que l'arbre dit

 

C'est là que dorment les tams-tams

Dormant ils rêvent de flambeaux

Leur rêve bruit en marée

Dans le sous-sol des mots mesurés

 

Leur rêve berce dans vos yeux

Des paniques de maelströms

Plus agités que la brousse profonde

Lorsque passe le clair disant

 

Beauté sanguine des golfes

Ô c'est une plaie une plaie

Où danse le ciel, grave et lent

De voir des hommes nus et tels

 

Et l'île toute enfin repose

Dans le chaud des maturités

Mûr est le silence sur la ville

Mûre l'étoile dans la faim

 

Ce qui berce dans vos yeux son chant

Est la parure des troupeaux

L'herbe à taureaux pour les misaines

Le dur reflet des sels au sud

 

Rien ne distrait d'ordre les vies

Les hommes marchent les enfants rient

Voici la terre bâtée, consentante

De courants d'eau, de voilures

 

Quelle pensée raide parcourt

Les fibres les sèves les muscles

De la douleur a-t-on fait un mot

Un mot nouveau qui multiplie

 

Celui qui parmi les neiges enfante

Un paysage une ville des soifs

Celui qui range ses tambours ses étoffes

Dans la sablure des paroles

 

Guettant le saut des Eaux immenses

Le grand éclat des vagues Midi

Plus ardent que la morsure des givres

Plus retenu que votre impatience d'épine

 

Celui que prolonge l'attente

Et toutes les mains dans sa tête

Et toutes splendeurs dans sa nuit

Pour que la terre s'émerveille

 

Il accepte le bruit des mots

Plus égal que l'effroi des sources

Plus uni que la chair des plaines

Déchirée ensemencée

 

Sa clarté est dans l'océan

Dans la patience que traîne

Vers où nul oeil ne se distend

La flore d'îles du Levant

 

Ce qui berce en vos yeux son chant

Pour atteindre le matin ô connue

Inconnue c'est la chaleur fauve

Du Chaos où l'oeil enfin touche

 

Île ces requins vos fumures

Le charroi de votre sang l'homme

Et sa colline la femme et les cases

L'avenue dans ces miroirs les Mains

 

Est-ce un oiseau, une racine qui gicle

Est-ce moisson, l'amitié grandie de la terre

La même couleur éclabousse, caresse

La souffrance est de ne pas voir

 

Beauté de peuple d'aimants

Dans la limaille végétale et vous

Je vous cerne comme la mer

Avec ses fumures d'épaves

 

Beauté des routes multicolores

Dans la savane que rumine

L'autan plein de mots à éclore

Je vous mène à votre seuil

 

Écoutant ruisseler mes tambours

Attendant l'éclat brusque des lames

L'éveil sur l'eau des danseurs

Et des chiens qui entre les jambes regardent

 

Dans ce bruit de fraternité

La pierre et son lichen ma parole

Juste mais vive demain pour vous

Telle fureur dans la douceur marine,

 

Je me fais mer où l'enfant va rêver.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


DERNIERS ARTICLES :
Musée virtuel : Camille Corot
Maisons près d'Orléans
Musée virtuel : Camille Corot
Les rochers
Musée virtuel : Camille Corot
Octavie Sennegon
Musée virtuel : Camille Corot
Rome, le Forum vu des jardins Farnèse
Musée virtuel : Camille Corot
Promenade dans le parc des Lions à Port-Marly
forum